Yves DASSONVILLE dans son spacieux et magnifique bureau de la Préfecture
Yves Dassonville «Je serai en Civraisien dès que j’y serai invité»
En attendant une éventuelle visite en Pays Civraisien ou dans le canton de Civray, du nouveau Préfet de Région, Yves Dassonville qui met fin à la série des «Bernard»(1), «Le Journal de Civray» est allé à la rencontre du Préfet des Préfets pour un petit bilan de ces 5 mois en Poitou-Charentes. Tour d’horizon.
Nommé le 22 août 2011, le Préfet de la Vienne et de la Région Poitou-Charentes, Yves Dassonville, est en poste à Poitiers depuis 5 mois et demi (date à laquelle l'interview a été accordée). L’occasion pour «Le Journal de Civray», hebdomadaire rural, diffusé en Sud-Vienne, Nord-Charente et Sud des Deux-Sèvres, d’aller à la rencontre du représentant de l’Etat en Poitou-Charentes pour faire le point sur les grands dossiers comme l’emploi, la réforme territoriale, ses relations avec les personnalités politiques telles que la Présidente P.S. du Conseil Régional Ségolène Royal et certains thèmes qui concernent le monde rural.
Le Journal de Civray : Bonjour Monsieur le Préfet, merci de nous avoir accordé cet entretien. Pourriez-vous expliquer aux lecteurs du Journal de Civray ce qu'est exactement un Préfet de Région, son rôle, ses compétences et ses limites ?
Yves Dassonville : "Un Préfet de Région, c'est un représentant de l'Etat dans la circonscription administrative qui s'appelle la Région, Poitou-Charentes dans notre cas. C'est le chef de toutes les administrations d'Etat sauf quelques exceptions que sont bien entendu la Justice, l'Education Nationale et les Finances Publiques. Tous les autres services de l'Etat sont dirigés par le Préfet".
JdC : Quel bilan tirez-vous de vos 6 mois de mandat en Région Poitou-Charentes ?
Y.D. (Rectifiant le nombre de mois) : "J’ai été nommé le 22 août 2011. Donc, cela fait exactement 5 mois et demi que j'exerce cette fonction. (à la date de notre interview) ndlr) A mon arrivée, il m'a fallu d'abord refaire connaissance avec tous les élus, toutes les forces vives, Chambres Consulaires et ça prend du temps. Je pense que maintenant j'ai une meilleure connaissance de mes interlocuteurs politiques et professionnels. Sur quoi ai-je beaucoup travaillé depuis mon arrivée ? Sur la coopération intercommunale bien entendu. J'ai également beaucoup travaillé sur l'emploi, l'arrivée de la Ligne à Grande Vitesse. Voici quels ont été les principaux dossiers. Bien sûr il y a les dossiers habituels comme l'ordre public qui est l'une des tâches régaliennes du Préfet".
JdC : Parmi les dossiers sensibles, vous avez hérité de la réforme des collectivités territoriales. Comment cela s'est-il passé dans le Sud-Vienne ? Y a-t-il eu des mariages heureux et des mariages forcés ?
Y.D. (Se redresse et esquisse un petit sourire républicain) : "Tout d'abord, on n'a fait qu'un schéma, l'étape qui faisait l'objet des travaux de l'an dernier c'était de faire un schéma, c'est-à-dire de faire l'annonce, de faire un guide pour les futurs mariages. Et non pas de faire les mariages. Cette étape s'est plutôt bien passée puisque le schéma a été voté. Il faut bien le souligner. Il a été voté et non pas arrêté par le Préfet. Ensuite j'ai pris un arrêté mais à partir du vote des élus. Le schéma a été voté, avec une petite difficulté qui est que certains Syndicats d'Eau ont mal pris d'être intégrés dans le grand Syndicat d'Eau Départemental qu'est le SIVEER. Il y a eu quelques contestations là-dessus. Il y a eu également quelques contestations au sujet des Syndicats de Rivière qui ont considéré qu'il fallait qu'ils restent autonomes. Mais tout ceci a été voté par les élus. Les élus ont présenté des amendements aux projets que mon prédécesseur avait faits, dans ces amendements, certains ont été rejetés, notamment ceux qui concernaient les Syndicats d'Eau, par les élus. Au total, le schéma a été approuvé par une majorité d'élus au sein de la Commission Départementale de Coopération Intercommunale. Maintenant, il reste le travail à faire, mais ça, c'est pour l'année à venir. Et peut-être même jusqu'en 2014, où les fusions et les rapprochements vont se faire. L'étape suivante, c'est la mise en œuvre du schéma, car l’an dernier, c'était la définition d'un schéma".
«Résultat satisfaisant qui aurait pu être plus audacieux»
JdC : Quel bilan tirez-vous de ces discussions, de ces rencontres et du travail accompli depuis lors ?
Y.D. : "Je crois que c'est un résultat qui est satisfaisant mais qui aurait pu être plus audacieux. Je regrette un petit peu que certains Syndicats d'Eau ne comprennent pas l'intérêt de se fondre dans le SIVEER. Parce que les problèmes de l'eau sont des problèmes très compliqués qui vont coûter beaucoup d'argent et je pense que la mutualisation des moyens humains et matériels est une bonne idée et que, quand on a la chance d'avoir un Syndicat comme le SIVEER qui marche bien et qui a des modes de gouvernance très proches des citoyens, il n'y a pas à avoir d'hésitations. Il y a des résistances qui ne me paraissent pas gouvernées par l'intérêt général. Les gens aiment bien être chez eux, c'est un peu un esprit de clocher "On est entre nous, tout marche bien, pourquoi est-ce que vous allez déranger tout ça ?". Seulement, les problèmes de l'eau, ce sont des problèmes qui nécessitent des moyens, des compétences. On n'est pas obligés de mettre la réforme en œuvre dès 2012. On peut prendre le temps, l’essentiel est qu’on y arrive en prenant compte de l’intérêt général.»
«Trouver des formules pour le maintien et la qualité des services en milieu rural»
JdC : Que pensez-vous des mouvements de délocalisation qui privent le Sud-Vienne d'entreprises qui sont pourvoyeuses d'emplois ?
Y.D. : "Les zones rurales ont souvent du mal à garder leur vitalité. Civray n'échappe pas à la règle. Mais au jour d'aujourd'hui, c'est toute l'économie française qui souffre. L'exode rural, c'est une vieille histoire, nous, on essaie de tout faire, malgré les économies budgétaires, pour qu'il reste des services en milieu rural, même si, de temps en temps, il y a une Trésorerie qui ferme, un Bureau de Poste, il existe des formules pour maintenir ces services publics en milieu rural. On ne peut pas dire qu'il y ait des territoires qui soient laissés à l'abandon. Mais là encore, il faut savoir innover. Finalement, ce que faisait un Bureau de Poste, peut être fait par quelqu'un d'autre. Par exemple, un commerçant qui, en plus de son activité professionnelle principale, par convention avec La Poste, offre des services postaux. Cela se fait depuis longtemps en Grande Bretagne. Tout le monde doit être maintenant très conscient que l'argent public est rare. On a le devoir de toujours avoir en tête cette contrainte économique que les finances publiques en France sont malades et très endettées et qu'il faut que les dépenses n'augmentent surtout pas, en tous les cas soient stabilisées. Que ce soit les dépenses de l'Etat ou celles des Collectivités locales. Cette contrainte nous oblige à faire preuve d'imagination. On peut trouver des formules qui maintiennent le service public en milieu rural à moindre coût et sans diminuer la qualité du service".
JdC : Concrètement, quelles formules, quels projets envisagez-vous de mettre sur pieds ?
Y.D. : "Si je parle par exemple de la Sous-Préfecture de Montmorillon, un moment, on a pensé qu'elle allait disparaître. Quelle formule utilisons-nous pour justifier la présence de fonctionnaires à Montmorillon, où il y a une Sous-Préfète ? Eh bien l'une de ces formules a été de leur donner des tâches départementales. Ils ont été formés, pour l'ensemble de la Préfecture de la Vienne, pour des tâches qui étaient faites auparavant à Poitiers, ils font un certain nombre de choses pour leur arrondissement, mais aussi pour le département, ce qui permet de laisser des fonctionnaires en place, notamment pour tout ce qui est gestion d'autorisations d'armes, c'est Montmorillon qui travaille pour l'ensemble du département de la Vienne".
JdC : Au sujet du nucléaire, le rapport établi récemment par l'Autorité de Sûreté Nucléaire, au sujet de la fuite de tritium à la centrale de Civaux est-il si accablant qu'on le dit ?
Y.D. : "Non, il n'est pas si accablant. Ce rapport pointe des dysfonctionnements sérieux, mais qui n'ont pas eu de conséquences sur la santé publique. Ces dysfonctionnements doivent être réparés. C'est l'Autorité de Sûreté Nucléaire, autorité indépendante, sur laquelle ni moi ni les ministres n'avons de pouvoir, qui a prescrit 27 mesures. Pour autant, la fuite de tritium s'avère minime, selon les analyses qui ont été faites, elle ne révèle aucun niveau de contamination dans les nappes phréatiques ou dans La Vienne. Les doses sont de 15 à 20 fois inférieures aux doses limites fixées par l'Organisation Mondiale de la Santé. En tant que membre de la Commission Locale d'Information, je m'en remets au pronostic de l'Agence de Sûreté Nucléaire, de manière à déconnecter le jugement que l'on a sur les centrales nucléaires du pouvoir exécutif".
JdC : Quel regard portez-vous sur la politique de santé de la Région, notamment au travers du récent projet porté par l'Agence Régionale de Santé ?
Y.D. : "L'ARS est aussi une structure d'Etat. Son Directeur est nommé en Conseil des Ministres, tout comme le Préfet, il ne dépend pas du Préfet. Il fait un certain nombre de choses pour le Préfet en matière de santé publique, mais ce n'est pas l'essentiel de son travail, je ne crois pas que localement - mais c'est un jugement que je porte, d'une certaine manière, de l'extérieur - le monde rural soit abandonné par l’ARS, bien au contraire. Le Directeur actuel, qui est une personne remarquable, M. Pierre-Emmanuel Blanc, a vraiment le souci de garder en vie les hôpitaux de moindre importance. Là aussi, il faut trouver des formules astucieuses".
«De l’éolien, oui, mais pas partout !»
JdC : Lors de la session extraordinaire du Conseil Régional, le 30 janvier, Mme Royal et vous-même avez-vous trouvé un terrain d'entente au sujet du développement du parc éolien sur le département de la Vienne ? (Mme Royal vise un potentiel de 1.800 Mw étendu sur 90 % du territoire alors que l'Etat propose un potentiel de 1.700 Mw concentré sur 60 % du territoire). Qu’en est-il au juste ?
Y.D. : "On n'a pas encore résolu notre différence d'appréciation. Ce que nous disons, c'est que, bien entendu, il faut développer les énergies renouvelables et notamment l'éolien. Nous partageons totalement l'ambition de la Région, mais ce que l'on dit, c'est que, on peut atteindre cet objectif, sans faire ce l'éolien partout. Qu'est-ce qui justifie qu'on ne fasse pas d'éolien dans une zone ? Ça peut être parce que la zone est protégée ; parce qu'il y a des zones Natura 2000 à proximité ; des arrêtés de biotope ; des oiseaux protégés qui nichent à proximité ; il y aurait une co-visibilité de l'éolienne, avec certains sites et paysages ; parce que la ferme d'éoliennes serait trop éloignée des raccordements et enfin, parce qu'il n'y a pas beaucoup de vent dans la zone concernée. En regroupant tous ces critères, on en est à peu près à 50 % du territoire régional et nous disons, ça suffit. Avec ça, on peut tout à fait produire 1.700 mw à l'horizon 2020, ce n'est pas la peine d'en faire partout et laisser des élus développer des projets de développement éolien qui vont ensuite se faire casser par des décisions du Tribunal Administratif. C'est une position qui me paraît raisonnable, équilibrée et ambitieuse aussi d'un point de vue des énergies renouvelables".
JdC : Vous avez donné l'autorisation pour une Zone de Développement de l'Eolien sur le territoire de Blanzay - Romagne. Or, M. Le Grelle, Directeur de la Vallée des Singes, menace de déplacer le parc animalier si des éoliennes sont installées à moins de 3 km de celui-ci. Quelle est votre position, face à cette menace ?
Y.D. : "Justement, c'est un exemple de ce que je disais, il faut faire très attention et ne pas dire qu'on peut faire de l'éolien partout. J'ai bien entendu son point de vue, les décisions n'ont pas été prises. Il y a création d'une Z.D.E. et puis ensuite, il y a un permis de construire et une enquête d'utilité publique, donc, rien n'est encore définitif".
«Avec la crise, toutes les aides seront stabilisées»
JdC : Revenons à l'économie, la perte du triple A de la France aura t-elle une conséquence sur les aides octroyées par l'Etat au monde rural ?
Y.D. : "Non, pas directement, mais ainsi que je le disais tout à l'heure, la France doit réduire sa dette, en dépensant moins ou en augmentant les impôts, ou faire les deux en même temps. Il y a peu de gens qui disent actuellement qu'il ne faut pas contenir les dépenses. L'argent public est rare. Il faut sortir d'une logique d'argent abondant qui dit qu'un bon budget, c'est un gros budget. Les ministres, pendant longtemps, se sont glorifiés d'avoir un budget conséquent. Le citoyen, lui, regarde le service rendu. Il peut y avoir un rapport entre les services rendus et les moyens employés mais pas toujours. Souvent il y a des gaspillages, des politiques peu efficaces. Cela a des conséquences sur tous les rapports entre l'Etat et les collectivités locales. Par conséquent, les dotations ne vont pas augmenter. Elles seront sans doute stabilisées. Le rapport avec les associations, c'est pareil. On est dans un contexte de rigueur qui s'applique à tout le monde".
JdC : Vous avez déclaré comme priorité le maintien de l'ordre public, que pouvez-vous nous dire sur la sécurité dans le monde rural ?
Y.D. : "A vrai dire, la Vienne est un département qui est tranquille, en sécurité. Quand on dit ça, ça ne veut pas dire que tout soit parfait, qu'il n'y ait jamais de vols ou autres actes de délinquance. Ce qui nous inquiète un peu en ce moment, c'est la recrudescence des cambriolages, notamment pour la recherche d'or. C’est une situation qui nous préoccupe. Nous sommes en train de voir, notamment avec les gendarmeries des zones rurales, comment on pourrait contrer cette activité des malfaiteurs. Il faut rester optimiste mais vigilant."
JdC : Quelles sont les joies et les difficultés d'un Préfet de Région ?
Y.D. (Léger sourire satisfaisait) : "Je ne peux pas dire que c'est toujours facile, mais je ne me plains pas. Ce qui est le plus difficile, c'est de montrer que l'Etat au niveau régional a pris de l'importance mais que pour autant, le niveau départemental reste important. Ce qui est difficile mais intéressant, c'est de faire vivre une certaine collégialité entre les Départements de la Région. Le Préfet de Région n'est pas une sorte de monarque de droit divin, il anime une collégialité des Préfets de départements. Les décisions sont prises après discussions entre les Préfets, qui essaient d'avoir des positions homogènes, par exemple sur la gestion de l'eau, c'est très important car il y a un véritable problème dans la région. On va avoir par exemple lors du prochain Comité d'Administration Régional à discuter d'instructions que je donnerai aux Préfets de départements sur leur politique en matière d'eau. Tout ne se passe pas à Poitiers. L'administration de l'Etat s'est renforcée au niveau régional, de nouveaux pouvoirs ont été donnés aux Préfets de Région, mais ils doivent les mettre en œuvre en respectant le principe de collégialité. Un Préfet est un animateur de son territoire".
«Je suis un Préfet de la République, constructeur de coopération avec toutes les collectivités locales».
JdC : Etes vous un Préfet de Région ou un Préfet de la Région ?
Y.D. : "Je suis et travaille avec la Région. L'institution du Conseil Régional. Il y a une coopération obligatoire. Les citoyens ne peuvent pas comprendre que les pouvoirs publics se disputent à leur détriment. Il est donc impératif que l'on puisse faire fonctionner les pouvoirs publics quelles que soient les configurations politiques. Moi j'assume complètement mon rôle de représentant de l'Etat et du Gouvernement, mon rôle aussi consiste à construire des coopérations avec les collectivités locales, quelle que soit leur orientation politique. Le Conseil Régional est à Gauche, la Mairie de Poitiers est à Gauche, ainsi que celles d'Angoulême, de Niort et de La Rochelle. Et puis le Préfet, c'est un Républicain, par définition. J'ai fait toute ma carrière depuis 1983 avec des périodes d'alternance. J'ai défendu une politique qui était contraire de celle d'hier et pas la même que celle de demain, mais c'est la vie, ça. Donc, je suis un Préfet de la République".
JdC : Quelle est la stratégie de développement de l'Etat en Poitou-Charentes ?
Y.D. : "En matière de priorités, il y a le développement durable, l'emploi, les sécurités, au sens large du terme, comme par exemple, en ce moment, j'interviens en aide pour des problèmes liés au froid. On a eu deux problèmes dans des maisons de retraite où il n'y avait plus de chauffage, on a apporté notre contribution pour que ça se rétablisse vite. En concertation avec le Conseil Général, on a réfléchi à des solutions concernant le transport scolaire ; à la Mairie de Poitiers, on a demandé si on pouvait ouvrir un gymnase pour les SDF toute la journée au lieu de simplement le soir. Une autre priorité, c'est aussi la modernisation de l'Etat. Il faut qu'on fasse rentrer dans la logique de l'Etat la notion de performance, de service du public, d'économie".
«Le Poitou-Charentes, une identité à construire»
JdC : Si vous aviez un message à faire passer à vos interlocuteurs du monde rural, quel serait-il ?
Y.D. : "La période que nous traversons aujourd'hui est difficile, mais il ne faut pas désespérer. Notre mode de vie qui comporte une forte part de ruralité est un mode de vie extrêmement agréable. On peut aujourd'hui dans une commune rurale, avoir accès à pratiquement tous les services. C'est un atout considérable que tous les pays, même développés, n'ont pas. Il faut que les communes rurales se battent pour conserver tous leurs services, leurs emplois, l'exode rural, c'est fini, au contraire, ce serait plutôt un mouvement dans le sens inverse qui serait en train de se produire".
JdC : Comment trouvez-vous le Poitou-Charentes ?
Y.D. : "C'est une région qui manque peut-être un peu d'unité, si on la compare avec la Bretagne ou le département de la Vendée, qui ont une identité régionale forte. Le Poitou-Charentes est une région de Marches, entre l'Ouest et l'Aquitaine. Où sommes-nous, sommes-nous les gens du sud ou les gens du nord ? Cela se voit très bien au point de vue linguistique, avec une partie de patois de langue d'oc et une autre de langue d'oïl. Ce qui est très porteur dans une région, c'est l'identité, or il me semble que l'identité picto-charentaise reste à construire. Si elle était plus forte, ce serait un facteur de développement économique, quand on a une fierté pour sa région, une volonté de vivre et de travailler au pays, c'est une force".
JdC : Vous avez visité Gençay, Brux, à quand une visite en Civraisien ?
Y.D. : "Effectivement, j’ai été à Gençay et à Brux. Actuellement, j’effectue quelques déplacements dans les quartiers populaires de Poitiers. Je serai en Civraisien ou dans le canton de Civray, dès que j’y serai invité."
JdC : Merci, Monsieur le Préfet !
Y.D. (Nous raccompagnant à la porte de son immense et magnifique bureau) : "Merci à vous !".
Texte & Photos :
JdC - L.C.
(1) Depuis 2003, tous les Préfets de Région Poitou-Charentes se sont prénommés Bernard.
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